Le site tourne chez le nouvel hébergeur, mais rien ne s’affiche

Tu viens de migrer. Le nouvel hébergeur t’a confirmé que tout est en place, la base est importée, les fichiers sont uploadés. Et pourtant : écran blanc, erreur SSL, ou pire, le site affiche encore l’ancienne version chez certains visiteurs et la nouvelle chez d’autres. Panique légère, boîte mail qui commence à recevoir des messages de clients inquiets.

Respire. C’est probablement l’un des cinq points classiques d’une migration mal terminée : propagation DNS pas finie, cache résiduel (navigateur, CDN, hébergeur), base de données pas totalement importée, chemins absolus codés en dur qui pointent vers l’ancien serveur, ou certificat SSL pas encore réémis sur la nouvelle machine. Aucun de ces cas n’est une catastrophe si tu sais où regarder — mais l’ordre dans lequel tu vérifies compte énormément, sinon tu perds des heures à changer des choses qui n’étaient pas cassées.

Pourquoi ça arrive (les causes classiques)

1. Vérifie d’abord si c’est vraiment un problème DNS

Avant de toucher à quoi que ce soit côté serveur, confirme que le DNS pointe bien vers la nouvelle IP. Utilise un outil de vérification DNS externe (type whatsmydns.net) pour voir la propagation dans le monde, pas juste depuis ton propre poste.

Si tu vois encore l’ancienne IP dans plusieurs régions, c’est simplement une question de temps — le TTL doit expirer. Si tu avais anticipé la migration en abaissant le TTL à 300 secondes (5 minutes) 24h avant la bascule, la propagation est quasi instantanée. Si tu ne l’as pas fait, tu peux attendre, ou temporairement éditer ton fichier hosts local pour forcer ton poste à pointer vers la nouvelle IP et vérifier que tout fonctionne bien de ton côté, pendant que le reste du monde rattrape le retard.

Pour la configuration DNS elle-même selon ton hébergeur, les guides DNS sur o2switch, DNS sur Hostinger et DNS sur IONOS détaillent la marche à suivre pas à pas. Si le domaine semble ne jamais vouloir basculer, le guide DNS qui ne propage pas couvre les cas plus tordus (glue records, DNSSEC mal configuré, etc.).

2. Vide les caches, dans le bon ordre

Une fois le DNS confirmé côté nouvel hébergeur, si l’affichage reste incohérent, le coupable est presque toujours le cache. Vide-les dans cet ordre :

  1. Cache navigateur : Ctrl+Maj+R (ou Cmd+Maj+R sur Mac) pour un rechargement forcé sans cache.
  2. Cache CDN/proxy (Cloudflare notamment) : purge complète depuis le dashboard, pas juste “purge selective”.
  3. Cache serveur (LiteSpeed, Varnish, ou plugin WordPress) : vide le cache depuis l’admin ou le panel hébergeur.
  4. Cache objet/opcache PHP : souvent oublié, il peut garder en mémoire d’anciennes données même après un import frais.

Si le site reste lent ou incohérent même après ce nettoyage, le guide LiteSpeed Cache : la configuration optimale et Meilleurs plugins de cache WordPress t’aideront à repartir sur une config propre plutôt que de rallumer un cache mal réglé.

3. Confirme que l’import de la base est complet

Ouvre phpMyAdmin (ou Adminer) sur le nouvel hébergeur et compare le nombre de lignes dans les tables principales avec l’ancien serveur, si tu y as encore accès. Regarde en particulier wp_posts, wp_options et, si c’est une boutique, les tables wp_woocommerce_*.

Un import tronqué donne souvent une erreur silencieuse : le fichier SQL était trop gros pour la limite d’upload du panel, ou la connexion a timeout en cours de route. Si c’est le cas, réimporte via SSH avec la commande mysql -u user -p database < fichier.sql, beaucoup plus fiable qu’un import via interface web pour les grosses bases. Le guide se connecter en SSH sur OVH ou SSH sur Plesk selon ton panel t’explique la connexion pas à pas si tu ne l’as jamais fait.

Si l’erreur affichée est littéralement une erreur de connexion à la base, direction ce guide dédié : Erreur de connexion à la base de données WordPress.

4. Traque les chemins absolus codés en dur

C’est le piège le plus sournois, parce que le site “fonctionne” mais des images ne chargent pas, des liens internes redirigent vers l’ancien domaine, ou l’éditeur (Elementor, WPBakery) charge des ressources cassées.

Le problème vient de deux endroits : la table wp_options (les champs siteurl et home) et le contenu même des articles, si des URLs complètes de l’ancien domaine ont été enregistrées en dur au lieu de chemins relatifs.

Corrige siteurl et home directement dans phpMyAdmin, table wp_options. Pour les URLs dans le contenu, utilise un plugin de recherche-remplacement en base (Better Search Replace est le plus courant) plutôt que de modifier manuellement — un remplacement texte brut mal fait peut casser les données sérialisées de WordPress et provoquer un écran blanc. Si ça arrive, le guide écran blanc WordPress t’aide à revenir en arrière.

5. Réémets le certificat SSL sur le nouveau serveur

Le SSL est lié au serveur, pas au domaine. Même si ton certificat était valide chez l’ancien hébergeur, il faut en générer un nouveau (Let’s Encrypt gratuit, généralement automatique via le panel) une fois le DNS propagé vers le nouveau serveur.

Tant que ce n’est pas fait, tu peux voir une erreur NET::ERR_CERT_DATE_INVALID ou ERR_SSL_PROTOCOL_ERROR. Les guides certificat SSL expiré et ERR_SSL_PROTOCOL_ERROR détaillent la réémission selon le cas. Attention aussi au contenu mixte (images ou scripts encore chargés en HTTP) qui casse le cadenas même avec un SSL valide : voir contenu mixte HTTPS.

Tableau récapitulatif

SymptômeCause probableSolution
Ancienne version s’affiche par intermittenceTTL DNS pas expiréAttendre la propagation ou vérifier via whatsmydns.net
Page blanche ou contenu incohérent après purgeCache CDN/serveur résiduelPurger CDN, cache serveur, opcache dans l’ordre
Erreur de connexion base de donnéesImport SQL tronquéRéimporter via SSH avec mysql < fichier.sql
Images/liens pointent vers l’ancien domaineChemins absolus codés en durCorriger wp_options + recherche-remplacement en base
Cadenas barré ou ERR_SSLCertificat non réémisRégénérer Let’s Encrypt sur le nouveau serveur

FAQ

Combien de temps attendre avant de s'inquiéter après une migration ?

Si le TTL de l’ancien DNS était réglé bas (300-600 secondes) avant la bascule, la propagation prend généralement moins d’une heure. Sans anticipation, compte jusqu’à 24-48h dans les cas les plus lents. Passé ce délai avec un DNS toujours incohérent, vérifie la configuration elle-même plutôt que d’attendre encore.

Le site fonctionne pour moi mais pas pour mes visiteurs, pourquoi ?

Tu es probablement déjà passé sur la nouvelle IP (via ton fichier hosts ou un résolveur DNS local à jour), alors que tes visiteurs interrogent encore des résolveurs DNS qui n’ont pas rafraîchi le cache. C’est normal pendant la fenêtre de propagation, pas un bug.

Faut-il couper l'ancien hébergement immédiatement après la migration ?

Non, jamais. Garde l’ancien hébergement actif au moins une semaine après la bascule, le temps que la propagation DNS soit complète partout et que tu aies confirmé que tout fonctionne. Couper trop tôt, c’est le meilleur moyen de transformer une migration réussie en site inaccessible.

Comment éviter ce genre de galère la prochaine fois ?

Abaisse le TTL DNS à 300 secondes une semaine avant la migration, fais un export de base propre et testé, et prévois une fenêtre de bascule en heures creuses. Le guide migrer WordPress vers un autre hébergeur détaille la méthode complète, et changer d’hébergeur sans perdre son référencement couvre le volet SEO souvent négligé.

Quand passer la main à un pro

Si après avoir vérifié DNS, cache, base, chemins absolus et SSL le site reste cassé, ou si tu n’as tout simplement pas accès en SSH ou à phpMyAdmin pour faire ces vérifications toi-même, arrête de perdre du temps à deviner. Une migration mal terminée qui traîne coûte plus cher en clients perdus et en positionnement SEO que l’intervention d’un technicien qui referme le dossier en une heure. C’est exactement le genre de situation où une agence en mode maintenance reprend la main, corrige, et documente ce qui a été fait — plutôt que de te laisser seul face à un phpMyAdmin ouvert à 23h.

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