IONOS (ex-1&1) est un des registrars les plus répandus en France. Et pourtant, son interface DNS est une source régulière de confusion : les menus changent de nom selon la langue, la zone DNS n’est pas là où on l’attend, et certains enregistrements ont des comportements propres à IONOS qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Ce guide s’adresse aux propriétaires de domaines hébergés chez IONOS qui veulent pointer leur domaine vers un hébergeur externe (Vercel, Netlify, un VPS…), configurer leurs emails, ou ajouter des enregistrements SPF/DKIM.

Prérequis :


1. Trouver la zone DNS dans l’interface IONOS

C’est l’étape qui piège tout le monde. IONOS sépare “Domaine” et “DNS” dans des menus différents.

  1. Connecte-toi sur my.ionos.fr
  2. Dans le menu de gauche, clique sur “Domaines & SSL”
  3. Tu vois la liste de tes domaines. À droite de chaque domaine, clique sur les trois points (⋮)“DNS” (ou “Gérer les DNS” selon la version de l’interface)
  4. Tu arrives sur la zone DNS du domaine : c’est ici que tout se passe

Piège IONOS #1 : si tu cliques sur le nom du domaine lui-même, tu atterris sur la page de configuration générale (redirections, nameservers), pas sur la zone DNS. Il faut passer par les trois points.


2. Comprendre ce que tu vois

La zone DNS IONOS affiche une liste d’enregistrements avec quatre colonnes :

ColonneCe que c’est
TypeA, AAAA, CNAME, MX, TXT…
HôteSous-domaine ciblé (@ = racine, www, mail…)
Pointe vers / ValeurL’adresse IP ou la chaîne de caractères
TTLDurée de mise en cache (en secondes)

IONOS pré-remplit souvent des enregistrements par défaut (A vers leur hébergement, MX vers leur service mail). Avant de modifier quoi que ce soit, note ce qui est déjà en place — une capture d’écran suffit.


3. Pointer son domaine vers un serveur (enregistrement A)

C’est le cas le plus courant : tu as un VPS ou un serveur dédié, et tu veux que tondomaine.fr pointe vers son IP.

  1. Dans la zone DNS, clique sur “Ajouter un enregistrement”
  2. Sélectionne le type A
  3. Hôte : @ (pour la racine du domaine)
  4. Pointe vers : l’adresse IPv4 de ton serveur (ex : 203.0.113.42)
  5. TTL : laisse à 3600 (1 heure) pour commencer, baisse à 300 si tu prévois de changer souvent
  6. Clique sur “Enregistrer”

Pour le www, ajoute un second enregistrement A identique avec Hôte = www, ou un CNAME (voir étape 4).

Piège IONOS #2 : IONOS interdit souvent de créer un CNAME sur @ (la racine). C’est une limitation technique réelle — certains registrars la contournent avec un “ALIAS” ou “ANAME”, mais IONOS ne le propose pas. Si ton hébergeur te donne uniquement un nom de domaine (et pas une IP), utilise-le sur www en CNAME et crée un A sur @ avec l’IP résolue manuellement.


4. Configurer le sous-domaine www (enregistrement CNAME)

Pour pointer www.tondomaine.fr vers un hébergeur comme Vercel ou Netlify :

  1. Ajouter un enregistrement → type CNAME
  2. Hôte : www
  3. Pointe vers : la valeur fournie par ton hébergeur, par exemple cname.vercel-dns.com. ou apex-loadbalancer.netlify.com.
  4. TTL : 3600
  5. Enregistrer

Pour Vercel, tu dois aussi ajouter un enregistrement A sur @ avec l’IP 76.76.21.21. Pour Netlify, l’IP est différente — vérifie toujours dans le dashboard de l’hébergeur, ces IPs peuvent évoluer.

Si tu rencontres des erreurs après le pointage, l’article sur les déploiements Vercel qui échouent et celui sur Netlify couvrent les cas courants côté hébergeur.


5. Configurer les emails (enregistrements MX)

Si tu utilises un service email externe (Google Workspace, Zoho, OVH MX Plan…), tu dois remplacer les MX par défaut d’IONOS.

  1. Supprime (ou désactive) les MX existants qui pointent vers IONOS
  2. Ajouter un enregistrement → type MX
  3. Hôte : @
  4. Pointe vers : le serveur MX fourni (ex : aspmx.l.google.com.)
  5. Priorité : indique la valeur fournie par ton prestataire email (souvent 1, 5, 10)
  6. Répète pour chaque serveur MX si ton prestataire en donne plusieurs

Piège IONOS #3 : IONOS affiche parfois le champ “Priorité” dans une colonne séparée, parfois dans le champ valeur au format 10 aspmx.l.google.com.. Assure-toi que le point final est bien présent sur les noms de serveurs mail — sans lui, IONOS peut interpréter la valeur de façon inattendue.


6. Ajouter des enregistrements TXT (SPF, DKIM, vérification)

Les enregistrements TXT servent à trois choses principales : prouver la propriété du domaine, configurer SPF et publier les clés DKIM.

Pour un enregistrement de vérification (Google Search Console, hébergeur…) :

  1. Ajouter un enregistrement → type TXT
  2. Hôte : @
  3. Valeur : colle la chaîne fournie (ex : google-site-verification=XXXX)
  4. TTL : 3600, Enregistrer

Pour SPF :

  1. Même procédure, Hôte = @
  2. Valeur : la chaîne SPF de ton fournisseur email, par exemple v=spf1 include:_spf.google.com ~all
  3. Un seul enregistrement SPF par domaine — si IONOS en a déjà un, modifie-le plutôt qu’en créer un second

Pour DKIM, le sélecteur est souvent un sous-domaine comme google._domainkey :

  1. Hôte : google._domainkey (ou ce que ton prestataire indique)
  2. Type : TXT
  3. Valeur : la clé publique longue fournie (ex : v=DKIM1; k=rsa; p=MIIBIjAN…)

Pour aller plus loin sur la délivrabilité email, l’article sur SPF, DKIM et DMARC couvre la logique complète.


7. TTL et propagation : ce qu’il faut savoir

Le TTL (Time To Live) indique combien de temps les résolveurs DNS cachent ton enregistrement, en secondes.

Délai de propagation réel chez IONOS : les modifications sont souvent visibles en 15–30 minutes. Mais certains FAI cachent jusqu’à la valeur TTL précédente. Si tu as baissé le TTL à 300 avant de changer l’IP, la propagation sera quasi-instantanée. Si tu n’y as pas pensé, prévois 24 h dans le pire cas.

Pour vérifier la propagation, utilise un outil comme dig en ligne de commande ou un checker de propagation DNS en ligne — tape dig A tondomaine.fr +short depuis ton terminal pour voir l’IP actuellement résolue.


Pièges courants sur IONOS

Si après configuration ton domaine personnalisé refuse de fonctionner sur Vercel ou Netlify, l’article sur les domaines perso et SSL sur ces plateformes couvre les cas de SSL non émis et de DNS mal interprétés côté hébergeur.

Une zone DNS propre, c’est aussi la base d’une maintenance site web sans surprise — un enregistrement mal configuré peut rendre un site inaccessible sans que personne ne comprenne pourquoi pendant des heures.

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