Pourquoi cette question devient urgente
Avec la publication de WordPress 7.0.2 le 17 juillet 2026, qui corrige une faille critique permettant de prendre le contrôle d’un site sans mot de passe, savoir quelle version tu utilises n’est plus une curiosité technique. C’est la première chose à vérifier.
Le problème : beaucoup de dirigeants n’ont pas la réponse sous la main. Le site a été livré il y a deux ans, l’agence n’a plus de nouvelles, et personne ne sait vraiment ce qui tourne sur le serveur.
Voici comment obtenir la réponse, dans tous les cas de figure.
Méthode 1 : depuis l’administration (30 secondes)
C’est la voie normale.
- Connecte-toi sur
tonsite.fr/wp-admin. - Sur le tableau de bord, regarde en bas à droite de l’écran. Le numéro de version y est affiché, du type « Version 7.0.1 ».
Autre chemin, plus fiable si ton thème d’administration est personnalisé : menu Tableau de bord puis Mises à jour. La page indique la version installée et propose la mise à jour si une plus récente existe.
Méthode 2 : sans accès à l’administration
Tu as perdu tes identifiants, ou tu veux vérifier le site d’un client sans y toucher.
Le fichier de version. Si l’accès FTP ou le gestionnaire de fichiers de ton hébergeur est disponible, ouvre wp-includes/version.php. La ligne à lire est :
$wp_version = '7.0.2';
C’est la source de vérité absolue. Aucun plugin de sécurité ne peut la masquer.
Le code source de la page. Depuis un navigateur, affiche le code source de ta page d’accueil (clic droit puis « Afficher le code source ») et cherche generator. Tu peux y trouver :
<meta name="generator" content="WordPress 7.0.1" />
Attention : cette balise est souvent supprimée par les plugins de sécurité ou les thèmes bien faits. Son absence ne prouve rien, et sa présence peut être trompeuse si elle a été figée manuellement.
Le fichier des nouveautés. L’adresse tonsite.fr/readme.html affichait historiquement la version. Elle est fréquemment supprimée ou bloquée, mais ça vaut le test.
Méthode 3 : en ligne de commande (pour les techniques)
Si tu as un accès SSH et que WP-CLI est installé :
wp core version
Et pour voir d’un coup si une mise à jour est disponible :
wp core check-update
C’est la méthode la plus rapide quand tu gères plusieurs sites.
Interpréter le résultat
Une fois ta version connue, situe-toi :
| Version installée | Situation | Action |
|---|---|---|
| 7.0.2 / 6.9.5 / 6.8.6 ou plus récent | À jour | Rien à faire |
| 7.0.0 ou 7.0.1 | Vulnérable (critique) | Passer en 7.0.2 immédiatement |
| 6.9.0 à 6.9.4 | Vulnérable (critique) | Passer en 6.9.5 immédiatement |
| 6.8.0 à 6.8.5 | Vulnérable (injection SQL) | Passer en 6.8.6 |
| Avant 6.8 | Pas concerné par ces deux failles | Mise à niveau à planifier sérieusement |
Si tu es sur une version antérieure à 6.8, ne te réjouis pas trop vite : tu n’es pas exposé à ces failles précises, mais tu cumules probablement plusieurs années de correctifs non appliqués.
Mettre à jour sans casser le site
C’est la peur légitime qui bloque la plupart des gens. Voici la procédure qui limite le risque.
Étape 1 : sauvegarde complète
Non négociable. Il te faut deux choses :
- les fichiers (tout le dossier du site) ;
- la base de données (l’export SQL).
La plupart des hébergeurs proposent une sauvegarde en un clic depuis leur panneau. Si ce n’est pas le cas, un plugin de sauvegarde fait l’affaire. Vérifie que le fichier de sauvegarde est bien téléchargé chez toi, pas seulement stocké sur le serveur que tu risques de casser.
Étape 2 : note l’état actuel
Avant de cliquer, écris quelque part :
- ta version WordPress actuelle ;
- ta version de PHP (visible dans Outils puis Santé du site) ;
- la liste de tes plugins actifs.
Si quelque chose se passe mal, cette note te fait gagner un temps considérable.
Étape 3 : mets à jour le cœur en premier
Va dans Tableau de bord puis Mises à jour, et lance uniquement la mise à jour de WordPress.
Résiste à la tentation de tout mettre à jour d’un coup (cœur, thème et vingt plugins). Si le site casse, tu ne sauras pas quoi accuser.
Étape 4 : vérifie immédiatement
Après la mise à jour, contrôle dans cet ordre :
- la page d’accueil s’affiche correctement ;
- l’administration est accessible ;
- le formulaire de contact envoie bien un message ;
- si tu vends en ligne, une commande test passe de bout en bout ;
- quelques pages internes et une fiche produit ou un article.
Étape 5 : puis les extensions
Une fois le cœur stabilisé, mets à jour tes plugins et ton thème, idéalement par petits groupes.
Si la mise à jour échoue
Trois blocages classiques.
Le site affiche « en maintenance ». Un fichier .maintenance est resté à la racine après une mise à jour interrompue. Supprime-le et recharge.
Écran blanc après la mise à jour. Souvent un plugin ou un thème incompatible. Renomme le dossier wp-content/plugins en plugins-off via FTP pour tout désactiver d’un coup, vérifie que le site revient, puis réactive un par un.
Version de PHP trop ancienne. Les versions récentes de WordPress exigent une version de PHP raisonnablement à jour. Si ton hébergeur te bloque en PHP 7.x, change la version depuis le panneau d’hébergement, après sauvegarde.
Le vrai sujet derrière la version
Vérifier sa version un jour de faille critique, c’est réagir. Le problème de fond est ailleurs : combien de temps ton site reste-t-il en retard sur les correctifs le reste de l’année ?
Un site professionnel devrait avoir quelqu’un qui reçoit les alertes, applique les correctifs et vérifie que rien n’a cassé derrière. Ce n’est pas un luxe, c’est ce qui sépare une mise à jour de routine d’une reconstruction d’urgence.
Si personne ne fait ça sur ton site aujourd’hui, c’est le moment d’y penser.
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