Ce que tu vas apprendre

Migrer un site vers Infomaniak n’est pas compliqué techniquement, mais l’ordre des opérations compte : inverser deux étapes suffit à faire tomber le site 24 heures ou à perdre son positionnement Google. Ce guide déroule la procédure complète — sauvegarde, création de l’hébergement, import, test sur URL provisoire, bascule DNS progressive, SSL, emails et redirections — pour un site WordPress ou tout CMS classique. Il s’adresse à qui gère déjà un site (agence, développeur, PME technophile) et veut basculer chez Infomaniak sans coupure ni casse SEO.

Prérequis avant de commencer :

1. Sauvegarder fichiers et base de données

Avant toute chose, fais une sauvegarde complète et vérifie qu’elle est exploitable — pas juste “présente”.

Pour un WordPress :

Teste l’archive en la décompressant en local. Une sauvegarde qu’on n’a jamais ouverte n’est pas une sauvegarde, c’est un pari. Si ton ancien hébergeur est OVH ou Gandi, les procédures d’accès SSH sont détaillées ici : SSH sur OVH et SSH sur Gandi.

2. Créer l’hébergement et utiliser le transfert gratuit d’Infomaniak

Infomaniak propose un service de transfert de site gratuit, réalisé par leurs équipes techniques, pour la plupart des CMS courants (WordPress, Prestashop, WooCommerce). C’est une vraie économie de temps, mais il couvre un périmètre précis — pas tout.

Ce que le transfert gratuit prend en charge, en général :

Ce qu’il ne couvre généralement pas — à vérifier toi-même :

Demande le transfert dès la commande de l’hébergement, mais ne considère jamais qu’il “ferme le dossier” : c’est une base de travail, à auditer point par point avant la bascule DNS.

3. Importer et tester sur l’URL provisoire

Chaque hébergement Infomaniak fournit une URL provisoire (type https://xxx.ftp.infomaniak.com ou l’IP directe) qui permet de tester le site avant tout changement DNS. C’est l’étape qu’on saute trop souvent, à tort.

Sur cette URL provisoire, vérifie dans l’ordre :

Si tu utilises WordPress, pense à modifier temporairement le fichier wp-config.php ou à ajouter une ligne dans le fichier hosts local pour forcer la résolution vers le nouveau serveur sans toucher au DNS public — cela évite les faux positifs de test.

4. Baisser le TTL DNS avant la bascule

C’est l’étape la plus souvent oubliée, et celle qui cause le plus de coupures visibles. Le TTL (Time To Live) définit combien de temps les résolveurs DNS gardent une réponse en cache avant de la revérifier.

Si ton TTL est à 24h (86400 secondes) et que tu changes l’IP du serveur brutalement, une partie des visiteurs continuera à taper sur l’ancien serveur pendant… jusqu’à 24h. Résultat : erreurs intermittentes, ERR_CONNECTION_REFUSED pour certains, site normal pour d’autres.

La bonne pratique :

Pour la logique complète de propagation, consulte DNS qui ne propage pas : diagnostic et résolution.

5. Basculer les enregistrements DNS et réémettre le SSL

Une fois le TTL abaissé et le site validé sur l’URL provisoire, modifie les enregistrements DNS pour pointer vers Infomaniak :

Dès que la propagation est effective (généralement rapide grâce au TTL bas), Infomaniak génère automatiquement un certificat SSL Let’s Encrypt pour le domaine — à condition que le DNS pointe bien vers eux au moment de la demande. Vérifie le cadenas et absence de contenu mixte HTTPS une fois le certificat actif. Si le certificat tarde ou échoue, le souci vient presque toujours d’une propagation DNS incomplète — reconsulte l’étape 4.

6. Reconfigurer les emails

Si tes emails professionnels tournent sur l’ancien hébergeur (MX pointant ailleurs que le site), ne les touche pas tant que la migration web n’est pas stabilisée : rien n’oblige à migrer le web et le mail le même jour.

Si en revanche tu migres aussi la messagerie chez Infomaniak :

7. Poser les redirections et vérifier le SEO

Dernière étape, souvent négligée : si des URLs changent (structure de permaliens différente, migration de sous-domaine, changement de CMS), pose des redirections 301 propres — jamais de redirections en masse vers la page d’accueil, qui détruit le référencement acquis.

Checklist post-bascule :

Pour la méthodologie complète de préservation du référencement lors d’un changement d’hébergeur, la logique est identique à celle détaillée dans Changer d’hébergeur sans perdre son référencement et dans Migrer WordPress vers un autre hébergeur : le guide.

Tableau récapitulatif : transfert gratuit Infomaniak, ce qui reste à ta charge

ÉlémentCouvert par le transfert gratuitÀ vérifier soi-même
Fichiers du siteOuiVérifier chemins absolus/relatifs
Base de donnéesOuiContrôler l’intégrité après import
Redirections custom (.htaccess)NonRecréer manuellement
Comptes emailNonCréer et reconfigurer SPF/DKIM/DMARC
Certificat SSLAuto après DNS propagéVérifier absence de contenu mixte
Tâches cron externesNonReconfigurer sur le nouvel hébergement
Intégrations tierces (API, webhooks)NonRetester chaque intégration

Pièges courants

Combien de temps dure une migration complète vers Infomaniak ?

Pour un site WordPress standard, compte 2 à 4 heures de travail effectif, réparties sur 48 à 72 heures pour laisser le temps au TTL DNS de s’abaisser avant la bascule et de se stabiliser après.

Le transfert gratuit Infomaniak fonctionne-t-il pour tous les CMS ?

Il couvre en priorité les CMS les plus courants (WordPress, Prestashop, WooCommerce). Pour des CMS plus spécifiques ou du code sur-mesure, vérifie auprès du support Infomaniak avant de commander l’hébergement — la migration manuelle reste toujours possible.

Faut-il couper le site pendant la migration ?

Non, pas si la procédure ci-dessus est respectée : l’ancien site reste actif et sert les visiteurs pendant que le nouveau est testé sur l’URL provisoire. La coupure ne dure que le temps de propagation DNS, minimisée par un TTL bas.

Que faire si le site est inaccessible après la bascule ?

Vérifie d’abord la propagation DNS avec un outil de lookup public, puis consulte Site inaccessible après migration d’hébergeur : la checklist pour un diagnostic pas à pas.

Une migration bien menée vers Infomaniak ne se joue pas sur la vitesse d’exécution, mais sur l’ordre des étapes — TTL abaissé avant la bascule, SSL vérifié avant le forçage HTTPS, redirections posées avant de couper l’ancien hébergement. Respecte cet ordre et le site change de maison sans que personne ne s’en aperçoive.

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