Ce guide s’adresse aux dirigeants et collaborateurs de PME qui utilisent déjà Claude, ChatGPT ou un équivalent — mais obtiennent des résultats trop génériques pour être directement utilisables. L’objectif : des prompts structurés, immédiatement copiables, et un cadre pour les adapter à ta réalité sans repartir de zéro à chaque fois.
Prérequis
- Accès à Claude, ChatGPT ou Mistral (version payante recommandée pour la qualité)
- 15 minutes pour tester les prompts sur tes cas réels
- Quelques éléments contextuels à portée de main : ton secteur, ton ton éditorial, un exemple de mail ou de fiche produit existant
1. Comprendre la structure d’un bon prompt
Un prompt qui fonctionne contient toujours quatre blocs, même courts :
- Rôle — qui es-tu, qui est l’IA pour cette tâche
- Contexte — secteur, cible, contraintes
- Tâche précise — ce que tu veux exactement
- Format de sortie — longueur, ton, structure attendue
Exemple de prompt mal formulé :
“Écris une réponse à ce client mécontent.”
Exemple structuré :
“Tu es chargée de relation client pour une PME de mobilier haut de gamme. Un client se plaint d’un délai de livraison de 3 semaines alors qu’on lui avait annoncé 10 jours. Rédige une réponse par e-mail, ton professionnel et chaleureux, 120 mots max, qui reconnaît le problème, explique sans excuse creuse et propose une solution concrète (bon de réduction de 10 %).”
Le résultat du second est directement utilisable. Le premier te donne du travail supplémentaire.
2. Réponses clients : le prompt à garder sous la main
Ce type de tâche représente souvent 30 à 60 minutes par jour dans une PME. Voici le cadre réutilisable :
Rôle : tu es [poste] chez [nom ou type d'entreprise].
Contexte : [résume la situation en 2-3 phrases].
Tâche : rédige une réponse e-mail/message, ton [professionnel / chaleureux / ferme], [X] mots max.
Contraintes : [mentionne ce qu'on peut et ne peut pas promettre, les éléments factuels à inclure].
Adapte le paramètre “contraintes” à chaque situation. C’est lui qui empêche l’IA d’inventer une promesse que tu ne peux pas tenir.
3. Fiches produit : extraire la valeur, pas remplir les cases
L’IA produit facilement du texte. Elle produit difficilement du texte qui vend — sauf si tu lui fournis la matière première.
Prompt à utiliser :
Tu es rédacteur produit pour une marque [secteur]. Voici les caractéristiques techniques du produit : [colle les specs].
Voici un exemple de fiche existante qui nous correspond bien en termes de ton : [colle l'exemple].
Rédige une fiche produit de 150 mots : accroche bénéfice-client (1 phrase), description (3-4 phrases), 3 points forts en bullet points. N'utilise pas le mot "qualité".
Le mot interdit à la fin n’est pas anecdotique : l’IA surexploite systématiquement les mots “qualité”, “robuste” et “innovant”. Interdis-les explicitement dans tes prompts.
4. Posts réseaux sociaux : un prompt par plateforme
LinkedIn et Instagram ne s’écrivent pas de la même façon. Ne demande jamais “un post pour les réseaux” — tu obtiendras un texte tiède valable nulle part.
LinkedIn (B2B, fond + posture) :
Rédige un post LinkedIn de 180-220 mots sur [sujet]. Commence par une accroche en une ligne qui pose un problème ou une tension — pas une question rhétorique. Développe avec [angle : retour d'expérience / point de vue / conseil pratique]. Termine par une phrase qui invite à réagir, sans "et vous ?" en toutes lettres. Ton : direct, sans jargon.
Instagram / Story (visuel + court) :
Rédige 5 variantes de légende Instagram pour une photo de [description]. 80 mots max chacune. Ton : [chaleureux / premium / humoristique]. Inclus 5 hashtags pertinents en fin de chaque variante.
Génère 3 à 5 variantes systématiquement — ne prends jamais la première. L’IA améliore ses propositions en variant, et tu choisis ce qui sonne juste pour ta marque.
5. Résumés de réunion : transformer le chaos en actions
C’est l’un des cas d’usage où l’IA gagne le plus de temps, à condition de lui donner une transcription ou des notes brutes — pas un compte-rendu déjà rédigé.
Voici les notes brutes de notre réunion du [date] sur [sujet] : [colle tes notes, même imparfaites].
Extrais : 1) les décisions prises (liste à puces), 2) les actions avec responsable et deadline si mentionnés, 3) les points en suspens. Format : 3 blocs distincts, pas de rédaction narrative.
Si tu utilises un outil de transcription automatique (Notion AI, Fireflies, etc.), colle directement le transcript brut. L’IA trie mieux que tu ne le ferais à chaud après deux heures de réunion.
6. Briefs créatifs ou prestataires : cadrer sans rédiger
Rédiger un brief prend du temps et se sabote souvent lui-même (on écrit trop, on sous-précise l’essentiel). Ce prompt inverse le process :
Je dois briefer [un graphiste / un développeur / un prestataire SEO] pour [mission précise].
Voici ce que j'ai en tête de façon désordonnée : [écris librement, sans structure, tout ce qui te passe par la tête].
Transforme ça en brief structuré avec : objectif, cible, contraintes techniques, livrables attendus, délai, ton/univers de référence. Signale-moi les informations manquantes sous forme de liste de questions.
La dernière instruction — “signale les informations manquantes” — est la plus utile. Elle transforme l’IA en assistant qui identifie tes angles morts, pas en machine à combler les trous avec des suppositions.
Pièges courants
Déléguer la validation factuelle. L’IA ne vérifie pas les faits — ni les délais que tu peux tenir, ni les caractéristiques techniques de ton produit, ni les données chiffrées. Tout ce qui sort dans un mail client ou une fiche produit doit être relu par un humain avant envoi.
Oublier de fournir un exemple de ton. Sans exemple, l’IA calque le ton le plus générique possible. Une phrase de tes mails habituels, une fiche produit existante, un post que tu aimes : ces ancres changent radicalement le résultat.
Utiliser le même prompt pour tous les formats. Un prompt LinkedIn adapté à Instagram produit du contenu hors-cible. Maintiens un prompt par format, enregistre-les dans un document partagé — c’est ton “prompt book” d’équipe.
Supprimer l’étape humaine sur les sujets sensibles. Réponse à un client en conflit, communication de crise, mail à un partenaire stratégique : l’IA aide à formuler, pas à décider. Sur ces sujets, la relecture humaine n’est pas optionnelle.
Sous-estimer l’importance du contexte métier. Plus tu fournis d’informations spécifiques à ton secteur, moins tu retravailes le résultat. Sur les tâches complexes comme les fiches techniques, l’IA seule atteint vite ses limites sans cette matière première.
Un prompt book d’équipe — même un simple Google Doc avec 8 à 10 prompts testés et validés — fait plus pour la productivité d’une PME qu’un abonnement à trois outils IA utilisés à 20 % de leur potentiel. Commence par les deux ou trois tâches qui t’ont coûté du temps cette semaine, et construis à partir de là. Pour aller plus loin sur l’intégration de l’IA dans un workflow agence, voir comment on structure notre propre usage chez Peechy.
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