Ce que tu vas configurer, et pour qui
Ce guide s’adresse à toute personne qui a basculé (ou va basculer) la gestion DNS de son domaine chez Cloudflare — pour profiter du CDN gratuit, du SSL automatique ou juste de la protection anti-DDoS. Tu vas apprendre à localiser ta zone DNS, créer les enregistrements essentiels (A, CNAME, MX, TXT), comprendre le fameux nuage orange, et éviter les pièges qui cassent un site ou bloquent les emails du jour au lendemain. Compte 20 à 30 minutes, propagation comprise.
Prérequis :
- Un compte Cloudflare avec le domaine ajouté (nameservers déjà pointés chez Cloudflare)
- Les informations de ton hébergeur ou de ta plateforme (adresse IP du serveur, ou nom d’hôte Vercel/Netlify)
- Les enregistrements MX/TXT fournis par ton hébergeur email (Gmail Workspace, OVH, etc.)
- Un accès admin au tableau de bord Cloudflare
1. Où trouver la zone DNS dans Cloudflare
Connecte-toi sur dash.cloudflare.com, sélectionne ton domaine dans la liste, puis clique sur l’onglet DNS dans le menu latéral gauche. Tu arrives sur la page Records, qui liste tous les enregistrements existants sous forme de tableau : Type, Nom, Contenu, Proxy statut, TTL.
Si le domaine vient d’être ajouté, Cloudflare a généralement importé automatiquement les enregistrements de l’ancien hébergeur DNS. Vérifie-les un par un avant de toucher à quoi que ce soit : une erreur d’import est fréquente, notamment sur les MX.
2. Créer ou modifier un enregistrement A / AAAA
Pour pointer ton domaine (ou un sous-domaine) vers un serveur, clique sur Add record en haut du tableau.
- Type : A (pour une adresse IPv4) ou AAAA (IPv6)
- Name :
@pour le domaine racine (exemple.com), ouapppour un sous-domaine (app.exemple.com) - IPv4 address : l’adresse IP fournie par ton hébergeur
- Proxy status : orange (proxied) ou gris (DNS only) — on y revient au point 6
- TTL : laisse sur “Auto” si le proxy est activé (il est de toute façon ignoré)
Clique sur Save. Le champ apparaît immédiatement dans le tableau. Si tu migres depuis un autre hébergeur, ce guide sur changer d’hébergeur sans perdre son référencement détaille l’ordre des opérations à respecter.
3. Configurer le CNAME pour www
La plupart des sites veulent que www.exemple.com redirige vers le même contenu que exemple.com. Ajoute un enregistrement :
- Type : CNAME
- Name :
www - Target :
exemple.com(ou le nom d’hôte fourni par Vercel/Netlify, typecname.vercel-dns.com) - Proxy status : orange, généralement recommandé pour bénéficier du SSL Cloudflare
Sur Vercel ou Netlify, ce CNAME doit pointer exactement vers la valeur donnée dans leur interface, pas vers ton domaine racine. Le guide domaine perso sur Vercel/Netlify détaille les valeurs exactes à utiliser selon la plateforme.
4. Configurer les enregistrements MX pour les emails
C’est le point le plus souvent cassé lors d’une migration DNS. Si tes emails passent par Google Workspace, Microsoft 365 ou ton hébergeur, ajoute chaque enregistrement MX fourni :
- Type : MX
- Name :
@ - Mail server : ex.
aspmx.l.google.com - Priority : la valeur exacte fournie (0, 5, 10…)
- Proxy status : les MX ne peuvent jamais être proxied — Cloudflare force automatiquement le statut gris (DNS only) sur ce type d’enregistrement, c’est normal
Ajoute tous les MX secondaires listés par ton fournisseur, pas seulement le premier. Un seul MX manquant peut faire échouer la réception d’emails de façon intermittente.
5. Ajouter les TXT (SPF, DKIM, vérification de domaine)
Les enregistrements TXT servent à la vérification de domaine (Google Search Console, Vercel) et à l’authentification email (SPF, DKIM, DMARC).
- Type : TXT
- Name :
@pour le SPF, ou un sous-domaine spécifique pour le DKIM (ex.google._domainkey) - Content : la chaîne exacte fournie, entre guillemets si l’outil l’exige
Attention à ne créer qu’un seul enregistrement SPF par domaine : si Cloudflare en affiche déjà un (v=spf1 ...), modifie-le pour y ajouter le nouveau fournisseur plutôt que d’en créer un second — deux SPF sur le même domaine invalident la vérification. Le détail complet est dans email pro qui finit en spam : SPF, DKIM, DMARC.
6. Proxy (nuage orange) vs DNS only : le choix qui change tout
C’est le piège spécifique à l’interface Cloudflare. Chaque enregistrement A, AAAA ou CNAME affiche une icône de nuage cliquable :
- Nuage orange (Proxied) : le trafic passe par Cloudflare (CDN, cache, SSL, protection DDoS). L’IP visible publiquement n’est plus celle de ton serveur.
- Nuage gris (DNS only) : Cloudflare ne fait que résoudre le DNS, le trafic va directement à ton serveur, sans protection ni cache.
Règle pratique : mets en DNS only tout ce qui n’a pas besoin de passer par Cloudflare (MX, enregistrements de vérification, souvent le sous-domaine mail ou webmail). Laisse en proxy tout ce qui sert des pages web publiques, à condition que ton mode SSL soit bien configuré — sinon tu obtiens une erreur 521 ou une erreur 523 côté visiteur.
7. TTL et propagation : combien de temps attendre
Quand le proxy est activé, le TTL est géré par Cloudflare et le champ affiché n’a pas d’effet réel. En DNS only, tu peux régler un TTL court (300 secondes) avant une migration pour accélérer la bascule, puis remonter à “Auto” une fois stabilisé.
La propagation mondiale prend en général de quelques minutes à 24 heures, rarement plus avec Cloudflare (leur réseau anycast répond vite). Si un enregistrement ne semble pas pris en compte après plusieurs heures, le problème vient rarement de la propagation elle-même — voir DNS qui ne propage pas pour le vrai diagnostic.
Pièges courants
| Symptôme | Cause probable | Solution |
|---|---|---|
| Emails qui n’arrivent plus après migration | MX oublié ou mal recopié | Vérifier chaque MX un par un, priorités incluses |
| Erreur SSL après activation du proxy | Mode SSL Cloudflare mal réglé (Flexible au lieu de Full) | Passer en Full ou Full (strict) dans l’onglet SSL/TLS |
| Site inaccessible en HTTPS | Enregistrement en proxy sans certificat valide côté origine | Voir certificat SSL expiré |
| Deux enregistrements SPF actifs | Ajout d’un nouveau fournisseur sans fusionner l’existant | Fusionner en un seul TXT SPF |
| Contenu mixte après passage en HTTPS | Ressources encore chargées en HTTP | Voir contenu mixte WordPress |
| Sous-domaine webmail inaccessible | Proxy activé sur un enregistrement qui doit rester direct | Passer ce sous-domaine en DNS only |
Faut-il toujours activer le proxy orange sur Cloudflare ?
Non. Active-le pour les enregistrements servant des pages web publiques (A, AAAA, CNAME du site). Laisse en DNS only les MX (obligatoire, Cloudflare l’impose de toute façon), les enregistrements de vérification, et tout sous-domaine technique qui n’a pas besoin de cache ni de protection DDoS.
Pourquoi mon site affiche une erreur SSL juste après activation du proxy ?
Le mode SSL/TLS de Cloudflare (Flexible, Full, Full strict) doit correspondre à la configuration de ton serveur d’origine. En Flexible sans certificat côté origine, ça fonctionne mais c’est moins sécurisé ; en Full strict sans certificat valide côté serveur, tu obtiens une erreur. Vérifie l’onglet SSL/TLS > Overview.
Combien de temps pour que mes DNS Cloudflare soient actifs partout ?
Généralement moins d’une heure grâce au réseau anycast de Cloudflare, contre parfois 24-48h chez d’autres registrars. Si après plusieurs heures rien ne change, vérifie d’abord que les nameservers pointent bien vers Cloudflare côté registrar.
Puis-je gérer les DNS de plusieurs sous-domaines différemment (l'un chez Vercel, l'autre sur mon serveur) ?
Oui, chaque enregistrement est indépendant. Un CNAME app peut pointer vers Vercel en proxy désactivé (souvent recommandé pour Vercel/Netlify qui gèrent leur propre SSL), pendant qu’un A @ pointe vers ton serveur en proxy activé.
Une zone DNS Cloudflare bien tenue se résume à trois réflexes : vérifier chaque MX après une migration, choisir le statut proxy en connaissance de cause plutôt que par défaut, et ne jamais dupliquer un SPF. Le reste — cache, SSL, protection DDoS — vient gratuitement une fois ces trois bases posées.
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